S’affranchir du regard des autres
Rencontrer celui du fond de soi
J’ai remarqué que souvent quand les artefacts sont assénés sans être intégrés, on se trompe de sens et de but. Se détacher complètement du regard des autres demande de vivre en ermite, loin du bruit de la société, et ne pas s’y exposer souvent. Ce qui n’est pas le but biologique de l’incarnation humaine.
Alors comment transformer l’impact de ces regards externes dans nos émotions?
Déjà, ça peut aider de se rappeler que l’on est tous soumis à la même enseigne et que tout le monde est super occupé avec son propre nombril, trop pour prêter attention à votre nombril avec le même sens du détail.
Chaque humain s’est un jour senti jugé par autrui, à rejouer la scène dans son imagination, et eu l’ego blessé par l’interaction, au moment même, et aussi longtemps que le cerveau alimente la conversation intérieur à-propos de l’événement.
Nous avons tous un Ego. Une face sociale à protéger, qui nous préoccupe. Un petit moyen de s’aimer un peu mieux est de couper ces dialogues internes qui ne changent rien et brassent du mal en vous. Prenez votre leçon pour la prochaine fois, et avancez. Plus l’on est sensible, plus ça demande de se dépasser intérieurement, pour choisir ce qu’on alimente dans notre esprit.
Après tout, c’est notre esprit et c’est à nous de s’y sentir bien. Il a commencé à se former à partir des premiers regards posé sur nous, parfois même avant notre naissance, tout ce que l’on a projeté sur vous qui n’est pas vous mais que vous avez incarné sans même le savoir. Plus vous êtes sensible plus vous avez, peut-être, senti la dissonance sans pouvoir la nommer pour l’exprimer.
Le premier regard auquel nous avons été exposé est celui de nos parents. Leurs regards conjoints ont déterminé la construction de l’ego dans la petite enfance et tout le reste de l’identité est construite sur cette base parce que l’ego dirige l’esprit, avant un gros travail d’intégration de soi.
Dans la pierre philosophale, le prisme qui décompose la lumière du vivant, incarné en chacun, le rouge, c’est le sol, la terre, la grotte, la faille, dont l’état interne dépend de l’interaction terreau d’accueil ( sensibilité) et vécu (somme des événements de vie). Rouge aide à représenter la sécurité primaire, pas celle de votre enfance, celle avec laquelle vous vivez actuellement tous les jours si vous n’avez pas repris vos paramètres en main.
Si la base est bancale alors il y a de fortes chances que le reste de la personnalité se soit adaptée à ce déséquilibre pour que vous puissiez fonctionner malgré tout. Et je connais l’épuisement qui se cache dans ce banal « malgré tout ». Parce que le corps et l’esprit ont ça de magique, ils peuvent s’appuyer l’un sur l’autre pour nous faire continuer de fonctionner dans des états de dysfonctionnements sidérales à servir l’ego.
Des dysfonctionnements qui peuvent être d’origine, innés, ou construits, acquis, et, au regard de l’état du monde, de la connaissance, et des traumas passifs inhérents au phénomène de vivre sur terre, il n’y a que soi pour faire le tri. Qu’est-ce qui vous appartient au-delà de la transmission de votre environnement?
Le tri ne peut se faire qu’en s’observant et en se ressentant face a une intériorité infinie qui compose chacun d’entre-nous. Et je ne disgresse pas: faire le tri permet de retrouver un lien avec son propre regard. C’est le moyen le plus court pour diminuer l’impact du regard des autres: augmenter l’impact de votre regard. Et ça demande souvent de se réconcilier avec. De faire des petites actions qui adoucissent votre jugement sur vous-même.
La loi de l’assomption m’a dit que s’il y a un paradis, qui ressemble à celui de l’imaginaire collectif, il est ici, et le jugement dernier, c’est à chacun d’aller en profondeur le recevoir. Et ça demande de ne pas trahir ce vivant qui nous a donné la vie, après, quand on a intégré son paradis sur terre. Et c’est tout simplement une vie qui vous plaît, qui vous ressemble. Une vie faite pour votre incarnation et c’est vos choix, même les plus petits, qui vous y ramène.
Souvent, nous sommes très sensibles, peut-être même susceptible, au regard des autres parce que l’on est les premiers à se juger. Ça nous touche parce que l’on a un « là où ça fait mal », ou ça fait peur, ou l’on se condamne. Et se regarder différemment ne veut pas dire mettre des lunettes roses, ça veut dire faire tout ce qui entre nos mains pour nous sentir fier.e de soi. Et s’en demander beaucoup moins à la fois. Pour arrêter d’ouvrir la brèche de la culpabilité, de l’auto dénigrement et de l’autoflagellation.
Faire en sorte d’arrêter de se décevoir en créant des rituels qui nous permettent de nous donner le soin et de construire une vie plus simple, dans nos pensées et dans nos actions. Si tout est sacré, parce que l’on choisi dans l’expérience du doute que ça fait du bien au cerveau d’envisager la vie comme ça, alors chaque pensée et chaque action sont vos prières et vos offrandes à la vie.
Et personnellement, ça me réjouit plus d’imaginer ma journée comme une suite de rituels que comme une suite de tâches. Comme j’ai besoin de beaucoup de routine et que j’ai un mal infini à les suivre, j’ai une liste de rituel que je pratique selon mon humeurs et mon énergie avec des objectifs hebdomadaires pour éviter d’abandonner une semaine parce que je n’ai pas accompli une tâche-rituel. Rituels pour repositionner ma chimie, rituels pour intégrer mes émotions, rituels pour les pensées, rituels pour revenir à la respiration , rituels pour transitionner, rituels pour mon environnement, rituels pour accompagner, rituels pour produire, rituels pour créer, rituels pour prendre soin de l’interaction corps-esprit, rituel pour chercher et apprendre, rituels pour lâcher-prise, rituels pour me pardonner, rituels pour m’ouvrir, etc…
Vivre en ritualisant sa vie aide à faire les choses depuis un autre espace de soi. Un espace plus doux et plus aimant qui donne envie de se prendre en soin. D’incarner cette main tendue qu’on attend à l’extérieur de soi, alors qu’elle est tout au fond de vous, depuis toujours. Elle était là à chaque fois que vous vous êtes dit: « j’ai eu de la chance». Et c’est le regard au bout de cette main qui répare notre besoin de plaire au regard des autres. Et qui nous enseigne à choisir les regards dont l’on veut s’entourer et à qui l’on veut s’exposer, pour nous aimer et nous accompagner dans l’exercice de se vivre.
Merci de m’avoir lue!
Marine
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